> OPAGE

Enquête sur la situation
des entreprises artisanales de la région Grand Est

La Chambre régionale de métiers et de l'artisanat Grand Est s’appuyant sur la réussite et sur l’adhésion des artisans à l’initiative engagée en Lorraine depuis 2012, a organisé une grande enquête auprès de l'ensemble de ses ressortissants. Cette enquête a pour objectif de mieux connaître la situation économique et sociale et les projets en matière de développement de l’Artisanat de la nouvelle région forte de  92 000 entreprises et 300 000 actifs (chefs d’entreprises, conjoints collaborateurs, salariés et apprentis).

Pour cela, la Chambre régionale de métiers et de l’artisanat (CRMA) et les Chambres de métiers et de l’artisanat départementales (CMA) ont créé un outil spécifique permettant l’observation et l’aide à la décision appelé OPAGE « Outil de Prévision de l’Artisanat Grand Est ».

Cette enquête vise à fournir aux Chambres de métiers et de l'artisanat de la région un outil de connaissance de l’artisanat, de ses entreprises, de ses actifs, afin d’en appréhender toutes les dimensions économiques et sociales, d’en détecter les potentialités de développement ainsi que ses faiblesses, et naturellement de prévoir ses besoins pour être en mesure d’y faire face.

Outre l’observation économique davantage développée dans OPAGE, l’enquête comporte un volet social consacré à l’appréhension des actifs de l’artisanat (composition, qualifications, orientation, formation initiale ou tout au long de la vie, pratique de gestion des ressources humaines etc.). En effet, le secteur doit faire face à des enjeux de taille portant sur :

- Le renouvellement générationnel des chefs d’entreprises et leurs salariés

- Le maintien voir le développement du tissu économique et social artisanal au travers notamment de la qualification des homme

Ce volet est d’autant plus important à mettre en œuvre que la situation démographique et géographique de la Région Grand Est est particulière. A nos frontières, la Belgique, l’Allemagne et le Luxembourg ont aujourd’hui, et encore plus demain, une influence majeure sur les capacités de l’artisanat à trouver les ressources humaines qui lui sont indispensables.

Ce contexte place comme une nécessité, une action prioritaire dans la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) au sein de l’artisanat. L’OPAGE constituera l’outil adapté au service de cette ambition.

Cet objectif a été renforcé par la stratégie mise en place en 2016 par les élus de la CRMA Grand Est à travers le Plan d’engagement pour une ambition régionale partagée, qui met en exergue la nécessité de connaitre et d’appréhender l’évolution de l’artisanat afin d’atteindre à l’horizon 2020 100 000 entreprises artisanales implantées dans la Région et 350 000 actifs.

 Les résultats de cette enquête 


1. Une  situation économique des entreprises artisanales en nette évolution

Les entreprises artisanales de la région Grand Est restent encore fragiles, tout en étant en nette évolution en 2016. Ainsi 50% des dirigeants jugent leur situation moyenne, et 31% des chefs d’entreprises la jugent bonne. 
Ceci étant en 2016, 18% des entreprises se déclarent en difficulté. Celles-ci pointent en premier lieu la baisse de leur activité pour justifier une dégradation et ce, tous secteurs confondus. La baisse de la rentabilité est également un facteur explicatif de ces difficultés.
 
2. Un niveau de développement stable
Les indicateurs sont assez constants quel que soit le secteur d’activité. Cette situation est globalement jugée stable depuis 2 ans. Les dirigeants restent mesurés quant à leur avenir misant majoritairement pour une stabilité de leur activité dans les 2 prochaines années. Mis à part, le secteur de l’Alimentation qui reste le plus optimiste.
Cependant, nous notons tout de même qu’un dirigeant sur 3 envisage de développer son entreprise dans les deux prochaines années.

En matière de financement, 28,4% des entreprises ont eu recours à des outils externes pour lancer leurs projets avec de fortes disparités par département et par secteur d’activité. D’autre part, 1 financement sur 5 est à court terme concernant principalement les entreprises en situation économique délicate.

3. Un niveau de recrutement frileux
Environ 37 000 emplois ont été créés en 2016 dans l’artisanat du Grand Est principalement dans le secteur du Bâtiment (37 %) et dans le secteur de l’Alimentation (28%).
En 2016, le secteur de l’Alimentation est l’un des principaux moteurs de la création d’emplois avec une moyenne de 2,9 postes créés par entreprise.
D’autre part, environ 10% des entreprises envisagent de recruter (hors alternance), et que 6% des dirigeants envisagent d’incorporer un ou plusieurs apprentis. 
Ceci étant, les perspectives d’embauche restent fragiles.
Ainsi sur les 24 prochains mois, 16 000 emplois seront créés dont environ un tiers par la voie de l’alternance. Le contexte économique et les perspectives des dirigeants semblent freiner les projets d’embauche (48% veulent tout de même avoir recours au CDI). Les entreprises de l’Alimentation sont davantage impliquées dans la formation d’apprentis.

4. Recrutement et formation difficiles

Cela peut sembler contradictoire au vu de la situation de l’emploi en France, mais 42% des dirigeants éprouvent des difficultés à recruter, avec de fortes disparités par secteur d’activité (54% sur le secteur de l’Alimentation, 57% sur le Travail des métaux).
Parmi ces difficultés, 66% des dirigeants pointent en premier lieu le manque de motivation des candidats.
D’autre part, 45 000 formations sont à prévoir sur les 12 prochains mois. Une formation sur deux s’adresse au dirigeant et 17 500 formations portent sur les techniques liées à l’exercice du métier.

5. Un niveau de satisfaction important à l’égard de l’action des Chambres de métiers
Ainsi, 40% des dirigeants font appel aux services de la Chambre de métiers principalement pour des prestations d’accompagnement et de conseils. Deux dirigeants sur trois se disent satisfaits des actions menées par leurs Chambres.
Parmi les principales prestations futures à envisager, le travail devra être axé sur celles visant à obtenir des conseils d’ordre juridique, fiscal ou social (50 % dirigeants le souhaitent).